Aujourd’hui sur CinévieTV nous nous rendons au Burkina Faso pour « Le projet Zaca », un documentaire réalisé en 2003 par Julien Renucci et Julie Boulanger.
Le gouvernement à décider d’acheter les parcelles du secteur 5, pour réaliser un aménagement du quartier. Ensuite les terrains ainsi acquis vont être revendu à des promoteurs pour construire des banques ou d’autres immeubles luxueux. Les habitants du secteur cinq délogés, devront reconstruire sur d’autres terrains, qu’ils devront aussi racheter. Ils seront désormais loin du centre ville, avec des normes de construction imposés.
Ainsi toutes ces familles se retrouveront séparées et loin du centre ville, là ou étaient concentrées toutes leurs activités. Un changement de vie considérable découle de ce projet et il semble que les premiers intéressés, c’est-à-dire les propriétaires des terrains, n’aient pas été entendus dans leurs revendications. Ils me parlent d’un collectif qui s’est monté contre le projet. A partir de ce moment, nous décidons de faire quelques choses et de rencontrer ces personnes.
Les 5 mains.
Tout d’un coup on nous emmène derrière, dans une autre cour, bizarrement les hommes se mettent à chuchoter, ils hésitent et parlent entres eux. Nous ressentons que le moment et important et qu’il faut écouter et presque ne rien dire. On entre dans une maison, les 5 hommes sont là; ils nous entourent, ils commencent a raconter, plus rien n’existe tout se fond dans les vibrations de leur voix, je sais que tout ce qu’ils disent résonne et monte au ciel, nous savons tous deux que cette histoire se répète à l’infini et que dans ces voix résonnent des milliers d’autres voix.
Plus la conversation avance et plus les hommes se libèrent, il y en a même un qui pleur. Je regarde les murs de la maison, j’entends qu’elle me parle et me raconte la vie des vieux.
Pourquoi sommes nous soudain si impliqués ? Pourquoi cette histoire se répète depuis des siècles et pourquoi laisse t’on des personnes déposséder des gens qui n’ont déjà presque rien.
Nous enregistrons ces conversations et Julien prend des photos des documents.
Le jour suivant nous interviewons le représentant du collectif: Mr Richard Mandé qui s’est déplacé pour nous rencontrer et pour pouvoir parler, cette fois ci c’est le seul qui veut bien parler a visage découvert, nous avons donc une interview sonore et vidéo.
La question que je me pose c’est, quand je retournerai a Ouaga; reverrais je l’avenue Yennenga avec ces petites cours et ces petits commerçants, est-ce que je retournerai dans la cour de la Maman jouer avec les enfants.
La réponse et simple, 3 semaines après avoir fait cet enregistrement nous sommes revenues dans le secteur 5. D’autres maisons était déjà détruites et à la place un trou béant; au milieu un panneau affichant la futur construction d’une superbe banque fantôme.
Voila pourquoi je sais que le projet arrivera à son terme, voila pourquoi nous nous engagons à laisser une trace et a dire que ces banques portent la désolation de tout un quartier ou des familles vivaient tant bien que mal; dans le centre de Ouaga où ils avaient encore une chance de pouvoir travailler et vivre tous ensembles.
Merci messieurs les promoteurs de l’avenir que vous réservez à ces enfants, quant les votres seront dans de grandes universités, pensez bien à eux, et pensez au prix qui l’en coûte en saluant chaque jour la modernité du Burkina Faso.
Cela fait 7 ans que le quartier a été rasé.
Cela fait 7 ans qu’un trou béant remplace les habitations.
